Posté mar 20 avril 2021

Les Ecuries du Val de Tursan, officiel

Équitation = sport de l’approximation ?

Dans n’importe quel sport, si vous n’avez pas acquis un certain niveau (technique, psychologique, éthique), vous ne pourrez pas gravir les prochains échelons et progresser ! Et encore moins penser vous engager en compétition.

En revanche, en équitation, on observe bien trop souvent des cavaliers qui n’ont pas de bases solides et qui, poussés par un certain système, font toujours plus et toujours plus vite, osant même se présenter ou se confronter en compétitions sans aucune crainte du ridicule et même au péril de leur vie.

Dans notre sport, on accepte l’approximation !

Cela est totalement aberrant vis à vis du respect que l’on doit au cheval, mais c’est également inconscient !
Oui, inconscient quand on sait que c’est la technique équestre qui permet à la force du cheval de jouer avec nous et pas contre nous. Cela pose de vraies questions de sécurité car des approches erronées de ce sport peuvent le rendre dangereux !

À qui la faute ?

La société : aujourd’hui il faut faire et obtenir vite, sinon on perd toute motivation ou passion.
Les instructeurs : ils ne sensibilisent pas assez les cavaliers sur les règles de sécurité et sur l’importance de bases solides.
Les parents : ils minimisent souvent la difficulté de ce sport et pensent que le cheval peut compenser en permanence les erreurs du cavalier ; ils surestiment leur enfant prodige et n’écoutent pas les recommandations de l’enseignant, n’hésitant pas à faire du chantage en étant prêt à changer d’écurie ; ils désirent à tout prix que leur progéniture fasse la carrière sportive que eux n’ont jamais fait.
Les fédérations : la formation des enseignants doit être rénovée ; les épreuves pour débutants doivent être plus formatrices pour inculquer les bonnes bases et le respect du cheval ; les diplômes doivent être remis en place afin de contrôler le réel niveau des cavaliers en vu de leurs objectifs.
Le cavalier débutant : quand il fait preuve d’une certaine prétention, d’une mauvaise éducation, d’une grande inconscience, d’un manque de patience, d’une négligence de respect à l’égard de l’animal.

Tout cela est bien triste quand on sait que l’équitation est une des plus belles écoles de la vie et un Art à part entière. Comme le disait le Maître Nuno Oliveira : « la médiocrité ne fait pas partie de l’amour. Et sans amour on ne peut pas créer une œuvre d’art. »
« L’équitation est un art qui fait partie de la culture des peuples qu’ils ont pratiqué pendant des siècles. Il faut essayer de niveler les différences sociales, développer et faciliter l’éducation pour que les différentes formes de culture deviennent accessibles à tout le monde, que l’équitation puisse être pratiquée par ceux qui s’y intéressent vraiment et qui sont doués. Je crois qu’il n’est pas possible d’arriver à un résultat valable sans se défaire de sa vanité et de ses complexes de supériorité. Si avec l’âge, le cavalier perd quelques une de ses possibilités physiques, il gagne par contre une philosophie plus saine ».

En plus de 40 ans d’équitation, je n’ai jamais eu d’accident car je reste très vigilant et respectueux des règles de sécurité. Dieu sait pourtant combien de chevaux particuliers, difficiles ou même dangereux j’ai pu monter... Je ne remercierai jamais assez mes parents et l’équitation pour m’avoir inculqué une bonne éducation, ainsi que tous mes professeurs pour les bonnes bases, le respect et l’amour du cheval qu’ils m’ont enseignés. Plus le temps passe et plus j’ai le sentiment d’être toujours plus émerveillé avec les chevaux.

Désireux de partager ce sentiment, ma vision et ma passion, voilà pourquoi je vous écris, en ayant hâte de vous lire et de débattre de cette thématique si importante.

Sportivement votre, Éric
... PlusMoins

Voir sur Facebook

📢 A la suite des demandes portées par la FFE et par plusieurs autres fédérations de sports et loisirs de plein air, la limite des 10 km a été étendue. 👍
La pratique d’une activité sportive de plein air encadrée est désormais possible au sein du même département ou dans un périmètre de 30 km autour du domicile en cas de sortie du département. 🏇
Lisez notre flash info pour tout savoir 👉 bit.ly/32151Pm
... PlusMoins

Voir sur Facebook

🐴Coupe Des Dimanches 🐴

Voici les horaires de passage pour dimanche.
Installation de la carrière et préparation du matériel et des chevaux samedi après-midi.
... PlusMoins

Voir sur Facebook

L’art équestre est-il (presque) mort ?

Selon moi, la dimension artistique de l’équitation est un élément de réponse essentiel aux questionnements actuels autour du bien-être animal. À la compréhension scientifique de chaque équidé, il faut ajouter une relation presque empathique au cheval pour forger de véritables hommes et femmes de chevaux.

Aujourd’hui, notre enjeu d’enseignants est de transmettre cette connaissance à nos élèves, clients ou en formation afin d’élever à nouveau notre pratique au statut d’Art.

Il y a un passage dans le livre Understanding Equitation du maître cavalier Jean Saint-Fort-Paillard (1903-1990) que j’adore et qui explique la perte de l'art de l’équitation. Le propos me semble plus actuel que jamais. Ce dernier disait :

« Il suffit d’observer ce qui se passe réellement pour constater que la grande majorité des cavaliers utilise beaucoup plus leurs muscles que leur cerveau, beaucoup plus leur énergie que leur intelligence et leur compréhension psychologique.
Ceci est principalement dû au fait que l'art de l'équitation est mal compris, voire sous-estimé, par ceux-là mêmes qui le pratiquent le plus assidûment. Et c'est pour cette raison principale que, le plus souvent, ils ne la pratiquent pas aussi bien qu'ils le pourraient et, en tout cas, n'en tirent pas le plus grand plaisir et le plus grand profit.

Pire encore, il y a de plus en plus de gens qui veulent apprendre à monter, mais dont seul un très petit pourcentage s'est vraiment intéressé à l'art de l'équitation. L'explication est simple : leurs premiers instructeurs ne leur montrent que l'aspect physique, qui est souvent le seul qu'ils connaissent et qui est loin d'être le plus fascinant. On leur apprend à monter plus ou moins correctement, à utiliser leurs mains et leurs jambes selon une méthode peu structurée ou excitante et un beau jour, ils s'ennuient à cheval. Tout cela est très agréable et amusant pendant un certain temps, mais à peine passionnant. Et tôt ou tard, ils abandonnent un sport qu'ils ne comprennent pas vraiment parce que personne n'a été capable de les aider à découvrir ses dimensions réelles. »

Fort de ce constat et conscient de cette réalité, même si je crois en la démocratisation de l’équitation et en sa divulgation en masse, je suis inquiet en observant sa vulgarisation : « L’équitation de notre temps est profondément stigmatisée par les exigences de la compétition permanente qui jalonne la vie du cavalier et du cheval. La compétition à répétition est, pour 95 % des cavaliers, un facteur de dégradation. N’oublions pas que pratiquer l’équitation c’est d’abord rencontrer les chevaux et apprendre à s’en occuper. C’est ensuite apprendre à les monter en souplesse et à les diriger selon des techniques précises et tout en subtilité. C’est enfin accepter le fait que le cheval ait une personnalité à part entière. Un animal fort et puissant, toujours sauvage bien que domestiqué... Tout succès dépend du couple que forme le cavalier avec son cheval : pas de réussite et de plaisir dans cette discipline si une relation de confiance et de respect ne s’établit pas entre eux. L’équitation est donc un sport mais aussi un art : celui d’arriver à entrer en symbiose avec son cheval, autant mentalement que physiquement. La caractéristique singulière de l’art equestre est qu’il exige deux acteurs et que tous deux parviennent à n’être qu’un » (sources Wiki Horse et Notre famille).

L’art équestre doit retrouver ses lettres de noblesses. L’équitation ne doit pas être synonyme d’argent, de médiocrité, de fausseté, de méchanceté, de cupidité, d’arrogance ou de violence... mais plutôt de respect, loyauté, bienveillance, partage, bien-être, éducation, courage. L’équitation est un art que nous, enseignants, devons être capables de transmettre aussi bien en termes de valeurs que de technique, afin que les gens ne se lassent jamais de l’équitation.

Il est grand temps donc de se renouveler, de changer et d’agir. Je suis certain que tous ensemble, unis autour d’une même philosophie, nous pouvons le faire. Voir les chevaux et notre sport reconnus d’utilité publique ne serait-il pas fantastique ? En ces périodes de pandémie, nombreux pourraient en être convaincus. Reste donc à nous, tous acteurs confondus du Monde Du Cheval, de nous remettre en question, de transmettre le juste message, la bonne image, le bon exemple en veillant à nos comportements et en trouvant la juste stratégie.

L’équitation est vraiment un art ! J’ai toujours veillé, durant toute ma carrière, à me comporter en bon patriarche vis à vis des chevaux comme de mes cavaliers. Il est de mon devoir de sensibiliser mes élèves à se passionner pour le respect des chevaux, la belle et juste équitation, à s’impliquer pour devenir de véritables hommes de chevaux et de valeurs. J’ai toujours mis un point d’honneur à ce que mes enseignements les aident pour leur avenir à cheval, comme dans la vie. Je leur répète souvent que mon rôle est de les rendre indépendants et non dépendants de moi et qu’un coach peut les faire gagner mais qu’un bon coach peut leur changer la vie !

Je terminerai mon propos par un des merveilleux textes du grand maître Nuno Oliveira. Pour lui également l’équitation était la plus belle école de la vie, un art de vivre mais surtout un grand Art !

"Je connais deux types de cavaliers. Les premiers, bien que parfois qualifiés, travaillent leurs chevaux mécaniquement et les utilisent comme des outils. Heureusement, il existe une autre catégorie, en fait moins nombreuse, et c'est celle de ceux qui aiment leurs chevaux et sont capables de sauvegarder, en toute aisance, leur expressivité naturelle. Les premiers ne sont pas forcément moins habiles que les seconds et sont capables d'exceller dans certaines catégories de concours. Les seconds, maudits poètes de cet Art, paraissent parfois même ridicules aux yeux de ceux qui ne perçoivent pas la subtilité de leurs idées. Cependant, ces derniers sont les cavaliers qui goûteront la vraie joie de sentir sous eux un cheval qui bouge avec plaisir, sans contraction, pas comme un esclave mais comme un ami."

Sportivement votre, Éric
... PlusMoins

Voir sur Facebook

Et si le dressage ce n’était pas que des allures, des figures imposées à réaliser à la lettre et des débats sur la hauteur des mains ou l’intérêt de l’extension d’encolure?

Et si le dressage c’était aussi de préparer un cheval à faire face à n’importe quelle situation, à sauter n’importe quel obstacle, à donner tout son cœur et toute sa puissance dans tout ce qu’il fait? Si c’était lui donner confiance pour monter dans un van sans hésiter, pour gérer ses émotions, être de plus en plus disponible et nous apprendre le vrai sens de la connexion, à nous-mêmes et aux autres Êtres Vivants?

Et si c’était surtout de nous apprendre à accepter les erreurs, les échecs et les peurs, de laisser filer la vache qu’on trie à cause d’un mauvais placement et de recommencer, sans que les erreurs nous définissent comme celui qui rate mais plutôt comme celui qui essaie et apprend?

Et si c’était là que résidait le vrai intérêt du dressage?

Pierre Beaupère
www.prbdressage.com

Photo par Céline Bocchino - Photographe Équestre

Stübben, Stübben France, Animaderm
... PlusMoins

Voir sur Facebook